“le TGV 1245 en provenance de Montpellier et à destination de Paris va entrer en gare sur voie G comme Golf.” annonçait Simone, la voix de la SNCF, un après-midi de mai à la gare de Lyon Part-Dieu.
Peut-être l’avez-vous déjà remarqué lors d’un de vos voyages en France: dans certaines gares, les voies sont depuis quelques années numérotées par des lettres. Pourquoi s’être écarté d’une numérotation à chiffres arabes, utilisée de Berne à Tokyo, en passant par Berlin, Téhéran et Pékin? Et pourquoi ne s’en être écarté que dans certaines gares? Qui a donc eu l’idée de réinventer la roue et de compliquer la vie de millions d’usagers, résidents français et visiteurs?
Au premier abord, on peut se dire qu’utiliser des lettres à la place des chiffres, cela n’a pas vraiment d’importance. L’important, c’est que la signalétique soit visible et explicite. Pourtant, après y avoir
réfléchi, la numérotation par des lettres présente pour moi différents inconvénients:
- l’usage des lettres peut poser des problèmes de compréhension dans les annonces vocales. Typiquement, les F et S mais aussi, pour d’autres raisons, les lettres G et J, régulièrement confondues, ou encore M et N. Est-ce pour cela que la SNCF complique les annonces en précisant “sur voie G comme Golf”? ou est-ce un moyen mnémotechnique offert aux voyageurs?
- lorsque l’on cherche son chemin dans une gare, il est plus facile de situer une voie désignée par un chiffre que par une lettre. Ainsi, si l’on se trouve face aux escaliers menant à la voie 8 et que l’on doit se rendre sur la voie 5, il est assez facile de s’orienter par déduction et d’évaluer la proximité entre l’endroit où l’on se trouve et l’endroit où l’on se rend. Cela demande nettement moins de gymnastique mentale que si l’on se trouve face à la voie K et que son train part de la voie H!
- les lettres de l’alphabet français ne sont pas aussi universelles que les chiffres. On ne rend pas la tâche aisée aux nombreux visiteurs étrangers, en particulier aux Asiatiques et aux Arabes.
- Les lettres sont déjà utilisées pour désigner les secteurs - ce que la SNCF appelle les repères -, ce qui est un facteur de confusion évident. Ce risque de confusion me paraît d’autant plus grand que, à la SNCF, les panneaux indicateurs de repères sont plus grands que ceux signalant les voies. La hiérarchie logique Voie - Portion de celle-ci (repère, secteur, …) n’est donc pas respectée.
- La coexistence de 2 logiques différentes dans le même pays, voire dans la même gare comme à la gare de Lyon à Paris, n’est pas de nature à simplifier la vie des voyageurs!
Quelle raison suffisamment bonne pour peser davantage que les inconvénients que je viens de lister justifie-t-elle la décision de la SNCF?
Crédit photo: © Denis Costille - Fotolia.com

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