
Un homme qui ne reconnaît plus sa femme, un homme qui ne se reconnaît plus dans la vie qu’il entretient avec sa femme? comment résumer la trame du film?
Je me sens comme handicapé alors que j’ai décidé d’écrire quelques lignes sur "L’Ecart", film de Franz Josef Holzer, à la projection duquel j’ai assisté hier soir. Ma difficulté n’est pas tant de mettre des mots sur ce qui se passe à l’intérieur de moi que d’identifier ce qui se passe à l’intérieur!
En sortant de la projection de Vitus, dimanche soir, j’étais touché,
ému aux larmes, probablement parce que l’histoire faisait écho à des
parcelles de ma vie ou à des modalités relationnelles familières.
Dans "L’Ecart", au contraire, le réalisateur m’a fait traverser un pays
à la fois connu et étranger. Le fond (l’environnement, le cadre) est
connu: il s’agit de la ville et de la région dans laquelle j’habite.
Les formes qui se détachent de ce fond connu me sont en revanche
étrangères. En même temps, je peux tout à fait intellectuellement
considérer que l’étrange, l’étranger est de même nature que moi. Qu’il
a sa chambre d’ami chez moi. "Chambre d’ami" m’est venu spontanément…
l’étrange serait donc un ami, pas un autre à combattre et à fuir. Un
ami qui appelle à la vie, au vivant, à l’aventure, à tout ce qui n’est
pas lisse. Cela évoque pour moi l’opposition entre le plan d’eau lisse
de la piscine intérieure des protagonistes et le Léman déchaîné des
rives genevoises, refuge pour le personnage principal de l’histoire.
Bref, je vous incite à vivre cette expérience. Au cinéma dès mercredi 28 mars à Genève (Titanium) et à Lausanne (Capitol).

this is the best film i’ve seen in my life. saw it at the world film festival in montreal. it’s so profound i can’t even begin.