Une expérience conduite par Nokia à Accra, Bombay et Rio met en évidence le décalage entre des téléphones portables trop souvent conçus par et pour des techies au pouvoir d’achat élevé et les besoins très pratiques de populations démunies qui pourtant constituent la majorité des 3.2 milliards d’usagers de mobiles.
Je suis tout juste de retour de la conférence Lift qui a eu lieu cette semaine à Genève. Parmi les intervenants, Younghee Jung, chercheuse chez Nokia dans le domaine du design produit. Younghee a présenté une expérience originale imaginée par son équipe et visant à comprendre les usages et les besoins de populations démunies en matière de téléphonie mobile: Nokia a organisé un concours de design au sein de 3 communautés défavorisées de Bombay, Rio et Accra. Les participants avaient pour mission de dessiner le téléphone idéal pour eux.
Le concours n’a pas été directement réalisé par Younghee et ses collègues mais par des équipes recrutées au sein de chacune de ces communautés. Ces équipes se sont tout d’abord attachées à faire connaître le concours. C’est ainsi que des affiches ont été élaborées par des artistes de rue tels que des graffeurs.
Parmi les idées émises par les participants:
- un téléphone solaire, indispensable par exemple dans le camp de réfugiés libériens de Buduburam. L’électricité est rare dans le camp et les réfugiés sont obligés de se rendre à des stations de recharge payantes;
- un téléphone qui indique les prévisions météorologiques lorsqu’on le pointe vers le ciel, le geste permettant à des personnes illettrées de l’utiliser;
- un téléphone doté d’une fonction haut-parleur/mégaphone permettant de faire des annonces publiques;
- un téléphone clef USB permettant de conserver sur soi les fichiers téléchargés ou créés dans des internet cafés;
- un téléphone disposant de 2 écrans, l’un pour les appels locaux, l’autre pour les appels internationaux de façon à ne pas rater un appel de l’étranger, souvent important car il provient de membres de la famille qui ont migré dans un pays du Nord et dont ils dépendent financièrement;
- last but not least, un téléphone pouvant envoyer des ondes de paix pour faire disparaître les combats de rue ou la guerre en Irak!
Bien sûr, ce ne sont pas tant les solutions proposées par les participants qui sont intéressantes que les besoins auxquels celles-ci essaient de répondre.
Grâce à l’émission nouvo de la TSR, la vidéo de l’intervention (en anglais) est visible ci-dessous.
J’ai volontairement remplacé le lecteur vidéo peu ergonomique de nouvo (commandes invisibles et “fuyantes” - il n’était pourtant pas nécessaire de se rendre à Buduburam pour se rendre compte de l’inutilisabilité de ce dispositif!) par un lecteur certes moins spectaculaire et à la mode mais beaucoup plus pratique. Qu’en pensez-vous?
PS: le lecteur vidéo original peut être testé sur nouvo.ch/liftvideo.
Crédit photo Younghee Jung: Stephanie Booth

Vous avez simplement utilisé le lecteur vidéo destiné aux blogs proposé par Nouvo, non?
Je ne vois pas la différence, désolé.
@ Gael: J’ai utilisé le lecteur vidéo développé par Jeroen Wijering (www.jeroenwijering.com). En effet, il ressemble comme 2 gouttes d’eau à celui utilisé par Nouvo pour la lecture de ses émissions.
En revanche, Nouvo utilise hélas un lecteur vidéo différent pour les vidéos enregistrées durant la conférence Lift (www.nouvo.ch/liftvideo) et c’est ce dernier lecteur, dont TSR.ch livre le code, qui est peu utilisable de mon point de vue.