Il y a quelques années, je m’arrêtai faire le plein d’essence sur une aire de repos autoroutière durant la nuit. Plus aucun humain à cette heure-là. J’insérai donc ma carte de crédit dans la caisse automatique. Avant même que je ne pusse entrer un quelconque code PIN me permettant de certifier de mon identité, ma carte fût expulsée de l’appareil comme un corps étranger. L’appareil me gratifia alors d’un message “carte fausse” qui me mit en colère: de quoi m’accusait-on? d’être un escroc à la carte de crédit? peut-être pas; mais on me rendait responsable de l’impossibilité de la transaction alors que, en réalité, l’appareil n’était pas parvenu à reconnaître que le morceau de plastique à bande magnétique que je lui avais confié était une carte de crédit valide! cette colère ne tarda pas à être rejointe par la frustration: frustration née de l’impossibilité d’exprimer ma colère, de crier à l’injustice. Inutile de dire que cette expérience négative n’a pas eu d’impact positif sur l’image que je me faisais de l’enseigne distributrice de carburants.

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